Le Théâtre Municipal de Fos-sur-Mer a accueilli, ce mercredi 24 juin, une réunion publique consacrée à l’eau potable et à l’avenir de la ressource sur le territoire. Cette rencontre a rassemblé habitants, élus et experts autour d’un sujet qui suscite de nombreuses interrogations depuis la découverte de polluants PFAS dans certains secteurs de la nappe phréatique de la Crau.
Autour de la table figuraient notamment des représentants de l’Agence Régionale de Santé (ARS), de la Métropole Aix-Marseille-Provence, du SYMCRAU, du Cyprès et de l’Institut Éco-Citoyen. Tous sont venus apporter des explications sur la qualité de l’eau distribuée aux Fosséens et sur les mesures engagées pour sécuriser durablement l’approvisionnement.
Comprendre la nappe de la Crau
La première partie de la réunion était consacrée au fonctionnement de la nappe de la Crau, véritable réservoir naturel souterrain qui constitue l’une des principales ressources en eau douce de Provence. Les intervenants ont rappelé que cette nappe est alimentée depuis des siècles par l’irrigation gravitaire des prairies de Crau grâce aux eaux de la Durance.
Chaque année, des millions de mètres cubes d’eau s’infiltrent naturellement dans le sous-sol, permettant de renouveler la nappe et d’alimenter les captages destinés à l’eau potable.
Les PFAS au cœur des préoccupations
La question des PFAS a été au cœur des échanges. Ces substances chimiques, parfois qualifiées de « polluants éternels » en raison de leur très grande persistance dans l’environnement, ont été détectées dans certains secteurs de la nappe et de l’eau distribuée autour de la zone industrialo-portuaire. Pour l’ARS, 20 PFAS sont sous surveillance et le seuil à ne pas dépasser est de 0,1 microgramme par litre dans l’eau potable.
En 2025, il y a eu une alerte sur la détection de présence de PFAS dans la zone de captage de l’eau Ventillon/Fanfarigoule de 0,08 microgramme par litre. Le principe de précaution est aussitôt engagé par le Sous-Préfet qui demande à la Métropole de lui présenter plusieurs scénarios de sécurisation. Des travaux de sécurisation ont été alors réalisés pour un maillage des réseaux de Port-de -Bouc et de Fos-sur-Mer et des investissements à hauteur de presque 1 million d’euros ont permis un changement de puits de captage de Fanfarigoule vers celui de Tapiès de Port-de-Bouc qui a des mesures 20 fois inférieures à la norme d’alerte réglementaire des PFAS donnant ainsi l’accès à une eau potable, propre à la consommation et sécurisée.
Des solutions à cour, moyen et long terme
Toujours dans un souci de sécurisation, des interconnexions sont aussi prévues à très court terme entre les communes d’Istres/Fos, Fos/Port-Saint-Louis et l’usine du Ranquet située en limite de la commune d’Istres et de Saint-Mitres. Elles pourront être réalisées entre un an et demi et trois ans.
D’autres travaux à moyen terme sont prévus avec la construction d’une usine de traitement des PFAS au nord de la zone de Lavalduc à Fos-sur-Mer qui sera le croisement de toutes ces interconnexions. Et sur le long terme, dans 10 ans, une interconnexion avec le système des Giraudets qui alimente Marseille.
Enfin, Philippe Maurizot Maire de Fos-sur-Mer a signé ce même jour, un Arrêté Municipal en appui avec l’ARS qui interdit la consommation de l’eau pour l’être humain aux personnes qui s’alimentent en eau à partir de puits privé et qui demande à ces propriétaires de se faire connaître auprès de la commune pour qu’ils soient dirigés vers les autorités compétentes comme le SYMCRAU pour réaliser des analyses et ainsi sécuriser leur accès à l’eau. Et leur permettre un raccordement au réseau public de l’eau s’ils sont dans le périmètre de celui-ci.
Mot de Philippe Maurizot Maire de Fos-sur-Mer : « Jamais les fosséens n’ont été mis en danger. L’eau est un sujet crucial. Il fallait donc apporter des informations claires et précises en toute transparence sur le sujet puisqu’il nous concerne tous. »




