Révélée au grand public dans la saison 2024 de la Star Academy, Marguerite poursuit son chemin avec « Guérir », son premier album, disponible depuis aujourd’hui. Après le succès de « Les filles, les meufs » et la sortie de son EP « Grandir », la chanteuse ouvre un nouveau chapitre de son parcours artistique. Un disque personnel, où la pop se mêle à des textes sans filtre, entre fragilité, liberté et envie de se reconstruire.
Avec « Les filles, les meufs », Marguerite avait déjà marqué les esprits en proposant un titre devenu un hymne à la liberté d’aimer et d’être soi. Une première déclaration qui résonne aujourd’hui avec l’univers de « Guérir ». Mais si elle revendiquait alors le droit de s’affranchir du regard des autres, elle explore désormais une autre forme de liberté : celle de se réapproprier son histoire et son propre corps.
Car derrière ce titre, qui évoque presque une promesse, se cache un véritable travail d’introspection. À travers onze morceaux, Marguerite revient sur les traces laissées par l’enfance, les relations, les silences familiaux et les épreuves personnelles. « Cartable » ouvre ainsi l’album sur les souvenirs d’une enfance où le poids du monde semblait déjà bien lourd à porter. Plus loin, « Mon ventre » donne la parole à une partie du corps souvent associée à la douleur, mais aussi à l’identité et à l’intimité. Une façon de transformer une expérience personnelle en un récit dans lequel d’autres pourront reconnaître leur propre histoire.
Mais « Guérir » ne se résume pas à regarder en arrière. L’album avance aussi au rythme de l’émancipation. Avec « La boss », Marguerite affirme haut et fort son indépendance et rappelle que les décisions qui concernent son corps et sa vie lui appartiennent. Un morceau qui fait écho à l’énergie de « Les filles, les meufs », tout en poussant plus loin cette volonté de reprendre le contrôle. Sur des sonorités pop entraînantes, la chanteuse transforme cette affirmation en un véritable mantra collectif, qui prend une dimension particulière sur scène.
Pour autant, se reconstruire ne signifie pas tout oublier. C’est précisément ce que raconte « Les fourmis », le morceau qui clôt l’album et sans doute l’un des plus personnels. Marguerite y évoque les conséquences invisibles d’une expérience douloureuse, ces sensations et ces blessures qui persistent longtemps après les faits. Plutôt que de chercher à rendre son récit plus acceptable, elle choisit la sincérité et la frontalité. Une manière de rappeler que le corps garde parfois en mémoire ce que l’on voudrait laisser derrière soi.
Musicalement, Marguerite joue avec les contrastes. Des guitares électriques aux envolées pop, en passant par des sonorités folk et des arrangements plus synthétiques, « Guérir » navigue entre énergie et douceur, sans jamais perdre de vue l’essentiel : les mots. On y retrouve notamment « Bellevie », une parenthèse lumineuse inspirée par un quartier parisien devenu refuge, ou encore « Un peu, beaucoup », qui détourne les codes de la chanson d’amour pour mieux questionner les relations dans lesquelles on risque de s’oublier.
Avec « Guérir », Marguerite ne prétend pas avoir trouvé toutes les réponses. Elle accepte les doutes, les failles et les contradictions qui accompagnent son parcours. Entre les élans de liberté de « Les filles, les meufs », l’affirmation de soi de « La boss » et la vulnérabilité de « Les fourmis », elle dessine le portrait d’une artiste qui apprend à avancer sans renier ce qu’elle a traversé.
Un premier album à la fois intime et fédérateur, dans lequel Marguerite transforme ses expériences en chansons et rappelle que guérir n’est pas nécessairement effacer les blessures, mais apprendre à vivre avec elles.




