Ce mercredi 1er avril, le dispositif Réponses du SPPPI PACA tenait sa réunion de bilan à l’hôtel Ariane à Fos-sur-Mer pour montrer les avancées 2025 du plan d’actions pour l’amélioration de la qualité de l’air et à la réduction des GES sur l’arrondissement d’Istres. À cette occasion deux études majeures SCENARII-2 et BIS (Bassins Industriels et Santé) ont été présentées pour répondre aux préoccupations des habitants.
Le dispositif RÉPONSES
Le dispositif « Réponses » a été créé en 2019 par le SPPPI PACA (Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles en région Provence-Alpes-Côte d’Azur). Il a pour objectif de recueillir les préoccupations des citoyens du pourtour de l’étang de Berre en matière de santé environnementale et plus précisément de qualité de l’air et de gaz à effet de serre pour y apporter des réponses concrètes.
Réponses réunit régulièrement l’ensemble des acteurs du territoire (associations, collectivités, État, industries, salariés, experts) pour engager des actions suite aux attentes exprimées.
Depuis 2019 :
- Plus de 5400 habitants ont été entendus.
- 165 attentes citoyennes ont été recueillies.
- 255 actions ont été mises en œuvre ou engagées.
- 59 acteurs participent aujourd’hui au dispositif.
- www.dispositif-reponses.org
SCENARII-2
L’étude SCENARII-2, coordonnée par AtmoSud avec l’ARS (Agence Régionale de Santé) PACA et la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement) vise à mieux comprendre les liens entre l’environnement et la santé, en évaluant les risques liés à l’inhalation chronique de polluants.
La qualité de l’air autour de l’étang de Berre a donc fait l’objet d’une étude approfondie portant sur 66 communes et 30 polluants, analysés à la fois individuellement et de manière cumulée.
Lors de la première phase (2014-2015), un excès de risque sanitaire avait été identifié pour l’ensemble de la population. En réponse, des mesures ont été mises en place, notamment des réglementations plus strictes, un renforcement de la surveillance et des actions de la part des industriels.
Dix ans plus tard, les résultats de la deuxième phase (2024-2025) montrent une amélioration : les concentrations de certains polluants ont diminué ou se sont stabilisées. Cependant, un risque sanitaire persiste, notamment en raison de polluants réglementés comme l’ozone, le dioxyde d’azote et les particules fines. De plus, des risques locaux subsistent à cause du cumul de polluants, en particulier d’origine industrielle.
Globalement, l’exposition à la pollution a diminué grâce aux actions engagées. Le risque est aujourd’hui mieux connu et les mesures mises en place se révèlent efficaces, même si elles doivent encore être poursuivies pour continuer à améliorer la situation.
Bassins Industriels et Santé
L’étude conduite par Santé publique France et Ineris (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques) pour la première fois à l’échelle nationale analyse l’influence des bassins industriels sur plusieurs indicateurs de santé. Elle s’appuie sur l’analyse de 41 bassins industriels en France, dont ceux de Fos-sur-Mer, Berre-l’Étang et Martigues.
Cette étude écologique s’intéresse principalement à l’impact de la proximité des bassins industriels sur la santé. Les résultats montrent une influence marquée : les populations vivant près des bassins industriels présentent des risques sanitaires plus élevés que celles qui en sont éloignées.
Plus précisément, cette proximité est associée à un risque supplémentaire d’asthme chez les enfants et à un sur-risque de maladies respiratoires chroniques chez les adultes de plus de 40 ans. Ces observations mettent en évidence un lien entre l’exposition aux pollutions industrielles et certaines pathologies respiratoires.
Cependant, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Les conclusions individuelles ne peuvent pas être établies, car le risque sanitaire reste multifactoriel et dépend de nombreux éléments. Il est donc nécessaire de poursuivre les études pour suivre l’évolution de ces maladies dans le temps.
Dans cette perspective, une surveillance épidémiologique nationale autour des bassins industriels est prévue à partir de 2027, afin de mieux comprendre et anticiper les impacts de l’environnement sur la santé.




