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Tilila Interview

Tilila dévoile « Moroccan Cinderella », un hymne à l’identité plurielle et à la liberté

Quelques jours après la sortie de son nouveau titre « Moroccan Cinderella », Tilila était l’invitée de Fossa FM. L’occasion de revenir sur son nouveau départ artistique, son parcours international et ce morceau-manifeste qui affirme haut et fort : l’origine n’est jamais une limite.

Avant Tilila, il y avait un autre nom de scène. Un prénom difficile à prononcer à l’international, souvent écorché, parfois méconnaissable. Mais au-delà de la question pratique, le changement répond surtout à un besoin plus profond : séparer la vie personnelle de la vie d’artiste.

Le déclic arrive pendant le Covid. Sa mère lui suggère de chercher du côté des anciens prénoms berbères. Elle découvre “Tilila”. Sa signification : liberté, un mot qui résonne immédiatement. « J’ai du mal à rentrer dans des cases. La liberté, c’est ce qui me représente le plus. »

Le nom reste dans un coin de sa tête pendant deux ans. Puis, au moment d’entamer un album, l’évidence s’impose. Tilila marque le passage d’une artiste qui se cherche à une artiste qui commence à se trouver.

La musique, une vocation précoce

Tilila chante depuis toujours. Dans sa famille maternelle, la musique est omniprésente. Une tante, presque une grande soeur, l’initie très tôt au chant, aux concours, à la scène. Adolescente, elle s’enferme dans sa chambre pour chanter des heures. À 14 ans, elle reçoit son premier micro. À 15 ans, direction l’internat où elle continue de répéter.

Mais c’est en intégrant le Berklee College of Music à Boston que tout bascule. Elle y découvre un environnement ultra-stimulant, entourée de musiciens brillants venus du monde entier. « Ce ne sont pas forcément les cours qui t’apprennent le plus. C’est d’être entourée de musique en permanence. » Elle y apprend le piano, développe son oreille, gagne en assurance. Sa voix devient son instrument mais elle tient à devenir musicienne à part entière.

En 2015, Tilila réalise un coup de maître : assurer la première partie de Maroon 5 au Maroc. Une histoire de manifestation, de culot et de persévérance. Avec seulement trois chansons enregistrées à l’époque, elle envoie son travail aux organisateurs. Deux mois de répétitions intensives plus tard, le feu vert tombe. Un souvenir fondateur, partagé avec ses amis musiciens de Berklee. Dix ans plus tard, ils en parlent encore.

Une identité méditerranéenne assumée

Française, marocaine, espagnole, longtemps installée aux États-Unis Tilila est un mélange vivant de cultures. Son premier single, « Beaucoup », célébrait une sensualité féminine assumée, teintée d’influences méditerranéennes. Puis vient « Cabaret », titre plus engagé, inspiré par la violence du monde et la banalisation des atrocités sur les réseaux sociaux. « On dirait que ça devient du divertissement. Comme une série télé. » Cabaret interroge cette déshumanisation progressive, ce flot constant d’images qui finit par anesthésier les émotions.

« Moroccan Cinderella » : une déclaration d’identité

Avec « Moroccan Cinderella », Tilila va encore plus loin, on l’y entend chanter en arabe, un choix fort, assumé. Parce qu’elle a parfois senti qu’on doutait de sa “marocanité”. Parce que son parcours international pouvait créer la confusion. Parce que certains l’ont accusée de “copier” des références culturelles marocaines alors qu’elles font partie d’elle.

Ce titre est une réponse : « c’est la fille maghrébine qui écrit sa propre histoire. » « Moroccan Cinderella » est une chanson sur la confiance en soi, sur la femme nomade qu’elle est devenue, sur la possibilité de venir de partout et de viser loin.

Tilila revendique une musique sans frontières. Elle admire les artistes capables de rester dans une ligne claire, comme Billie Eilish ou Adele, mais elle sait que ce n’est pas sa nature. Elle aime les albums éclectiques, à l’image de Purpose de Justin Bieber, qui mélange les styles selon les humeurs. Son projet à venir suivra cette logique : des titres doux, d’autres plus rythmés, des chansons à écouter en voiture, entre amies ou à la salle de sport. Une bande-son pour tous les états d’âme

Une Cendrillon moderne, libre et ambitieuse

« Moroccan Cinderella » n’est pas un conte de fées. C’est l’histoire d’une artiste qui assume toutes ses facettes : marocaine, européenne, américaine, méditerranéenne, nomade. Une femme qui refuse les frontières musicales comme les frontières identitaires. Et si la vraie magie, finalement, c’était ça : écrire sa propre histoire. ✨

Article publié le : 16/02/2026

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