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Tété : « Une chanson n’existe vraiment que lorsqu’elle échappe à son auteur »

Invité au micro de Fossa FM, Tété est revenu avec sincérité sur son parcours, son nouveau single « Vertiges du sommeil » et l’album à venir. Une rencontre entre souvenirs, réflexions et émotions à fleur de peau.

Difficile d’évoquer l’artiste sans penser à « À la faveur de l’automne », titre emblématique devenu au fil du temps un classique de la chanson française. Pourtant, derrière ce succès, l’histoire est presque anodine : une déception amoureuse à Montréal, transformée en chanson. « Des petites déceptions déguisées en cadeaux », confie-t-il. Une manière de rappeler que, pour lui, tout dépend du regard que l’on pose sur les événements.

Une chanson qui vit au-delà de son créateur

Si ce titre a marqué toute une génération, Tété explique ne pas avoir immédiatement pris la mesure de son succès. À l’époque, sans réseaux sociaux ni connexion permanente, il enchaîne les concerts sans vraiment réaliser l’ampleur du phénomène.

Avec le recul, il voit aujourd’hui ce succès comme une forme d’accomplissement : « La meilleure chose qui puisse arriver à une chanson, c’est qu’on vous la vole ». Autrement dit, qu’elle devienne celle du public, qu’elle soit reprise, transmise, réinterprétée.

L’écriture, au coeur de tout

Auteur avant d’être interprète, Tété place le texte au centre de sa démarche. Il a d’ailleurs écrit pour d’autres artistes, comme Fréro Delavega, avec le titre « Ton visage« . Un exercice qu’il compare à celui d’un tailleur : créer du sur-mesure pour une voix, une personnalité, une histoire.

« Il ne s’agit pas d’imposer, mais de servir », explique-t-il. Une approche qui demande d’écouter, de comprendre, puis de traduire en mots les émotions de l’autre.

“Vertiges du sommeil” : une lettre intime

Avec son nouveau single « Vertiges du sommeil », l’artiste explore un terrain plus intime. Inspirée d’une rupture, la chanson prend la forme d’une lettre adressée non pas à un amour passé, mais à sa mère.

Un choix fort, qui traduit une pudeur autant qu’un besoin de dire. « Il était plus facile de parler à une page blanche qu’à elle directement », confie-t-il.

Ce titre s’inscrit dans un projet plus large : un album intitulé « Une semaine sur deux« , composé de dix chansons pensées comme des lettres jamais envoyées à ses proches. Particularité du projet : chaque morceau existera en deux versions, une arrangée et une en guitare-voix, reflétant deux états émotionnels différents.

Au cœur de cet album, une thématique revient : le rapport à soi. Dans une société rythmée par les injonctions et les comparaisons, Tété revendique l’importance de ralentir.

« Rencontrer quelqu’un, juste moi, c’est déjà bien », chante-t-il. Une phrase qui résume parfaitement cette quête d’équilibre et de recentrage, loin du bruit permanent.

Les réseaux sociaux, entre bruit et lien

Lucide sur son époque, l’artiste ne rejette pas les réseaux sociaux. S’il reconnaît leur côté oppressant, il en souligne aussi la dimension humaine.

Grâce à eux, il échange directement avec son public et reçoit des témoignages touchants autour de ses chansons. « C’est aussi un espace de connexion », affirme-t-il.

Une tournée engagée et solidaire

Au-delà de la musique, Tété porte également un projet engagé : une tournée éco-solidaire. Le principe ? Inviter le public à faire don d’objets, vêtements ou meubles, qui serviront de décor éphémère avant d’être redistribués à des mères isolées.

Un projet profondément personnel pour l’artiste, élevé lui-même par une mère seule, et qui prolonge sa vision d’une musique tournée vers le partage et le sens.

Une œuvre en mouvement

Avec ce nouvel album et cette tournée, Tété ne signe pas un simple retour, mais une continuité. Celle d’un artiste qui avance, évolue et transforme chaque expérience en matière artistique.

Et s’il fallait retenir une chose de cette rencontre, ce serait peut-être celle-ci : les chansons les plus fortes ne nous appartiennent jamais vraiment. Elles vivent, voyagent, et finissent toujours par trouver leur chemin — dans nos vies.

Article publié le : 24/04/2026

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